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Déficit et régime de retraite

« Les défis sont relevés par la France », juge la Commission européenne, qui veut toutefois que la France s’attaque aux retraites.

Alors que toute sa conférence de presse s’est tenue vendredi en anglais, Olli Rehn, le Commissaire européen aux affaires économiques, a utilisé la langue de Molière quand il s’est agi de parler du « cas » français. Un petit geste de sollicitude supplémentaire, dans un discours qui n’en avait pas manqué. Car si les prévisions de la France s’avèrent très médiocres, Olli Rehn n’a pas pour autant menacé Paris, et s’est même montré « plutôt accommodant » , comme le reconnaît une source européenne.

Bruxelles n’entend donc pas mettre la tête sous l’eau de la deuxième économie de la zone euro. Les mesures budgétaires déjà voté, le pacte de compétitivité de novembre dernier, et le récent accord entre partenaires sociaux sur le marché du travail ont donc été salués : cela montre que « les défis sont relevés par la France » , selon le commissaire aux Affaires économiques. Bruxelles n’a pas envie d’endosser le rôle du « méchant » dans l’histoire, et adopte une posture constructive. Autre bon point, Paris a réussi à tenir peu ou prou l’objectif de réduction de son déficit structurel de 1% par an sur la période 2010-2013.

Défi de compétitivité
Pour autant, « les réformes doivent se poursuivre » , a ajouté Olli Rehn. Ce dernier a mentionné le « défi de compétitivité très important auquel fait face l’économie française » , et a expressément désigné le système de retraites comme une des priorités à examiner par le gouvernement français. Autant dire que celui-ci devra donner des gages assez rapidement, notamment à travers le programme de consolidation budgétaire et de réformes structurelles qui doit être remis à la Commission d’ici la fin avril. C’est sur cette base que Bruxelles pourra accepter en juin prochain, lors de la prochaine étape de la nouvelle gouvernance européenne, de retarder d’un an, à 2014, le retour sous la barre des 3%.

Sur ce dernier point, Olli Rehn a mûrement pesé ses mots : en 2014, Paris devra être « nettement » sous la barre des 3 %. Ce qui veut dire que le prochain objectif naviguera sans doute plutôt dans le bas de la fouchette allant de 2,5 % à 2,9 %. L’attitude de l’Allemagne, en pleine campagne électorale, sera scrutée avec intérêt. La sortie vendredi d’un responsable du parti conservateur de Angela Merkel, Michael Fuchs, parlant de la France comme « l’enfant à problèmes » de la zone euro , donne déjà un avant goût des écueils que Paris aura à éviter (LES ECHOS 22/02/2013).